Petit guide de l’investissement

Petit guide de l’investissement

Avant-propos

Bienvenue dans notre monde. Ce guide s’adresse à tous ceux qui souhaitent en apprendre plus sur les investissements – que vous soyez un baby-boomer ou un millénial, que vous soyez aisé(e) ou encore en train de travailler dur pour le devenir, le seul prérequis pour lire ce livre c’est d’avoir de la curiosité.

Nous avons construit la philosophie Alpian autour de deux axes principaux :

  1. Démocratiser la banque privée
  2. Démystifier le monde de l'investissement

Ce guide se concentre exclusivement sur les premières étapes du parcours de l’investisseur.

Ce sont les plus difficiles mais aussi les plus importantes.

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Équipe Alpian

AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Le contenu de cette publication est uniquement destiné à des fins d'information. Vous ne devez pas considérer ces informations comme des conseils juridiques, fiscaux, d'investissement, financiers ou autres. Aucun élément contenu dans cet article ne constitue une sollicitation, une recommandation, une approbation ou une offre d'achat ou de vente de titres ou d'autres instruments financiers dans cette juridiction ou dans toute autre juridiction dans laquelle une telle sollicitation ou offre serait illégale en vertu des lois de cette juridiction.

Pourquoi investir ?

Lorsque l’on commence à s’intéresser aux investissements, on a tendance à très vite rentrer dans le vif du sujet et à chercher des réponses aux questions suivantes : dans quoi investir ? Et comment investir ? Mais il y a une question plus fondamentale qui mérite notre attention : Pourquoi investir ? Quels en sont les avantages, et est-ce vraiment une bonne utilisation de notre argent ?

Avant toute chose, il y a une information importante dont nous aimerions vous faire part : le cerveau humain n’est pas programmé pour investir. Il est bien calibré pour dépenser, épargner et faire des dons, mais investir va à l’encontre de notre nature.

Pourquoi ? L’une des raisons est qu’investir implique deux choses que nous autres humains n’aimons pas particulièrement : prendre des risques et différer une satisfaction.

Qui aime sacrifier un plaisir immédiat pour une hypothétique récompense dans le futur ?

  • Nous savons qu’un doctorat ou un “MBA” mène généralement à une carrière singulière, pourtant la perspective de longues années d’études rebute la plupart d’entre nous.
  • Nous savons que devenir un athlète nécessite un entraînement discipliné, et la plupart d’entre nous choisissent de ne pas devenir des athlètes.

Il en va de même pour les investissements.

Mais examinons quelques-uns des avantages à faire fructifier notre capital par le biais d’investissements.

Raison 1 : C’est un moyen complémentaire d’atteindre vos objectifs financiers

Examinons certains désirs humains bien réels :

  • Est-il difficile d’imaginer que vous aurez un jour un enfant qui voudra aller à l’université par exemple ?
  • Voulez-vous profiter de votre retraite plus tard sans avoir à vous préoccuper de votre style de vie ?
  • Vous aimeriez payer un repas familial au restaurant sans réfléchir deux fois à la facture ?

En gardant ces éléments à l’esprit, exami- nons les options qui s’offrent à vous pour atteindre chacun d’entre eux.

  1. Vous pouvez augmenter votre salaire

  2. Vous pouvez gagner à la loterie

  3. Vous pouvez investir

Augmenter votre salaire

Si l’on se fie aux statistiques fédérales, un meilleur salaire au fil du temps semble statistiquement réalisable pour la plupart des gens. En règle générale, en vieillissant, nous avons tendance à accumuler de l’expérience et des responsabilités (en plus de quelques cheveux blancs), et nos salaires le reflètent (généralement).

Mais la figure ci-dessous montre que cet ajustement n’est pas linéaire : nos salaires ont tendance à augmenter plus rapidement dans nos jeunes années, mais après un certain âge, il semble plus difficile de gagner plus. Dans tous les cas, viser un salaire plus élevé vaut la peine d’être poursuivi, mais cela pourrait ne pas être suffisant.

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Gagner à la loterie

La loterie est certainement une option attrayante : le montant que vous pouvez gagner est exceptionnel... mais les chances d’y parvenir sont infimes : 20 ans de données sur la loterie Suisse nous montrent que pour les dizaines de milliers de billets vendus, il n’y a en moyenne que 24 nouveaux millionnaires par an1. Beaucoup d’appelés, peu d’élus. Vous pouvez tout de même vous consoler en pensant que votre mise perdue profite à d’autres : le gouvernement Suisse engage généralement tous ces revenus dans des projets d’utilité publique !

Investir

Puis il y a les investissements. Une opinion répandue est qu’un portefeuille d’investissement bien diversifié prend généralement de la valeur au fil du temps. Nous y reviendrons, retenez pour l’instant qu’un certain mécanisme, l’in- térêt composé, a un impact considérable lorsqu’il peut compter sur des décennies pour faire fonctionner sa magie.

Vous pouvez donc investir en même temps que vous essayez d’augmenter votre salaire. Les deux options sont complé- mentaires du point de vue temporel : lorsqu’il vous sera plus difficile d’accroître votre salaire, vous pourrez compter sur votre portefeuille d’investissement et ses intérêts composés.

Raison 2 : Les trois fléaux financiers

L’inflation, les taxes et les frais jouent tous contre votre avenir financier.

Pas besoin de vous expliquer ce que sont les taxes et les frais, en revanche l’inflation mérite une présentation un peu plus approfondie.

L’inflation décrit le fait que les prix de tous les biens et de tous les services que nous achetons – de la nourriture aux vêtements en passant par le logement – ont tendance à augmenter au fil du temps. Par exemple, le loyer moyen en Suisse a augmenté de 66 % au cours des 302 dernières années.

Ce qui rend l'inflation complexe à appréhender, c'est qu'elle est influencée par une multitude de facteurs - demande élevée, pénurie de l'offre et interventions des banques centrales pour en citer quelques-uns.

Cela signifie que l’inflation peut changer de manière imprévisible – comme au début des années 90 quand les Suisses ont vu les prix augmenter drastiquement !

Nous sommes protégés de l’inflation lorsque nos revenus augmentent à la même vitesse et dans les mêmes proportions que le prix des biens et des services. Mais cela ne se produit pas toujours... Deuxièmement, l’argent qui se prélasse sur nos comptes épargne ne bénéficie pas de la même protection.

Ce même argent pourrait être investi et rapporter davantage au fil du temps, mais à la place il perd de la valeur chaque année à cause de l’inflation, et notre pouvoir d’achat diminue.

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Raison 3 : Vous investissez déjà

Vous n’êtes peut-être toujours pas convaincu(e) qu’investir est pour vous. Cela ne signifie pas pour autant que votre argent n’est pas déjà investi.

Tout d’abord, il y a votre pension. En moyenne, en Suisse, 15 %3 de nos revenus mensuels sont affectés à nos premier et deuxième piliers.

Les caisses de pension investissent cet argent dans une variété d’actifs – des actions aux obligations en passant par l’immobilier – et utiliser les rendements pour financer notre retraite. L’argent qui reste sur votre compte d’épargne est également investi. Pendant que vous ne l’utilisez pas activement, la banque s’en sert indirectement et le prête aux entreprises ou aux privés et elle facture un intérêt pour cela.

Il est important de se rappeler que ces investissements ne sont pas sans risque. Les banques peuvent faire défaut. Il est donc faux de considérer un compte d’épargne comme totalement sans risque – même si les gouvernements viennent souvent à la rescousse en temps de crise. Bien que cela puisse paraître choquant, le but est d’attirer votre attention sur le fait que votre argent est investi, que vous le vouliez ou non.

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Faire le saut et l’investir consciemment n’est en fait qu’une petite étape de plus.

Résumons ce dont nous avons présenté dans ce chapitre.

1Source: Swiss loto, millionnaires statistics, 1979-2022

2Source: Office Fédéral de la Statistique 1990-2020

3Source: Federal Statistical Office , Household budget 2021

AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Le contenu de cette publication est uniquement destiné à des fins d'information. Vous ne devez pas considérer ces informations comme des conseils juridiques, fiscaux, d'investissement, financiers ou autres. Aucun élément contenu dans cet article ne constitue une sollicitation, une recommandation, une approbation ou une offre d'achat ou de vente de titres ou d'autres instruments financiers dans cette juridiction ou dans toute autre juridiction dans laquelle une telle sollicitation ou offre serait illégale en vertu des lois de cette juridiction.

Résumé du chapitre

Il y a 3 raisons pour lesquelles vous pour- riez envisager investir :

  • Il s’agit d’un moyen complémentaire pour vous aider à atteindre vos objectifs financiers.
  • L’argent qui dort sur les comptes courants et les comptes épargne perd généralement de sa valeur.
  • L’investissement est un moyen d’obtenir un meilleur contrôle sur vos finances.

Combien ?

Pour déterminer le montant à investir, il faut répondre à la question suivante : de combien d’argent ai-je besoin pour tout le reste ?

En effet, engager votre argent dans des investissements s’accompagne d’un point très important : si vous vous retrouvez à devoir retirer votre argent plus tôt pour payer des factures ou faire face à des événements imprévus, il y a une chance que cela se produise pendant un repli périodique du marché. Non seulement cela vous fera perdre de l’argent, mais vous réduirez également vos chances d’obtenir un meilleur rendement sur le long terme.

Il y a un moyen simple de se prémunir contre ce scénario. Avant de faire tout investissement, un peu de planification s’impose. Nous pouvons nous représenter mentalement la richesse d’une personne comme la somme de quatre pots bien distincts. Le premier pot est la réserve de fer – un “filet de sécurité” en espèces. Le deuxième est constitué de tous les avoirs liés de près ou de loin à la retraite. Le troisième représente les investissements. Et le quatrième est destiné aux investissements aspirationnels – des opportunités qui sont souvent très intéressantes. Leur risque est plus élevé, mais leur perspective de rendement aussi. Elles pourraient vous conduire à un changement de vie spectaculaire. Chaque pot a un objectif et une échéance différente. Afin de décider combien mettre dans le troisième pot (l’investissement), nous devons d’abord comprendre ce qui se trouvent dans les deux premiers.

Prévoir l‘imprévu

Le premier pot est ce que nous appelons le “pot d’urgence” ou la “réserve de fer”. Nous utilisons cette cagnotte pour nous assurer que nous avons assez d’argent pour couvrir nos dépenses courantes, ainsi qu’un filet de sécurité pour toutes les dépenses imprévues. Naturellement, ce pot devrait comprendre des liquidités auxquelles vous pouvez avoir accès immédiatement ou des investissements très liquides qui peuvent être facilement transformés en argent disponible.

Savoir combien mettre de côté pour les coups durs est sujet à débat. Tout simplement parce que nous imaginons tous le pire de manière différente. L’idée de perdre son emploi ou de faire face à des moments difficiles induit en nous une réponse émotionnelle plus ou moins forte selon notre nature. Par conséquent, certains ont tendance à surestimer les économies nécessaires pour traverser ces moments alors que d’autres les sous-estiment. Vous trouverez quelques règles empiriques sur Internet – par exemple, certains professionnels recommandent de mettre de côté assez pour pouvoir assurer 24 mois de dépenses.

Dimensionner votre fond d’urgence en estimant vos dépenses mensuelles est une bonne idée – elle reflète les engagements auxquels vous serez toujours confrontés si vous perdiez votre source de revenu – mais nous suggérons une addition im- portante. Ce nombre devrait varier en fonction de votre âge.

Rebondir sera plus facile quand vous êtes jeune, que lorsque vous avez une famille à charge, ou que vous dépendez d’une pension.

Investir dans son avenir

L’argent du second pot comprend vos avoirs de retraite et, si vous le souhaitez, vos avoirs d’épargne-retraite. Si vous êtes actif, il s’agit de votre deuxième pilier. Votre caisse de pension est un investissement géré par d’autres – La prochaine étape qui consiste à reprendre le contrôle de vos finances est plus proche que vous ne le pensez ! Si vous voulez voir comment votre deuxième pilier fonctionne et comment il est investi, nous vous donnons un aperçu dans le tableau ci-dessous (et nous vous encourageons à demander plus de détails à votre caisse de pension).

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Un point important que nous aimerions souligner ici est que nous avons tendance à négliger nos pensions.

Pourquoi ? Parce qu’elles sont perçues comme ennuyeuses ou relatives à une époque lointaine. Néanmoins, gardez bien certains conseils en tête.

  • Plus tôt vous pouvez planifier votre retraite, mieux ce sera. En Suisse, les piliers fonctionnent selon des mécanismes subtils et évoluent au fil du temps. Dernièrement, la faiblesse des taux d’intérêt a dépeint des perspectives moroses pour les jeunes générations, et c’est pourquoi il est important de comprendre ce qui vous attend dans le futur. Vous trouverez des informations clés figurant dans le résumé des prestations de retraite que vous recevez à la fin de chaque année.

  • Le deuxième pilier présente de nombreux avantages et il peut être logique pour certaines personnes d’y contribuer volontairement. Les planificateurs financiers et les spécialistes fiscaux peuvent vous aider à mieux comprendre cela.

  • Les fonds de pension nous donnent une leçon fondamentale en matière d’investissement : chaque mois, une partie de notre salaire est versée dans les différents piliers sans que nous en soyons nécessairement conscients, et des années plus tard – à l’heure de la retraite – nous découvrons que ce capital a travaillé dur pour nous.

Consolider ses acquis

Après avoir calculé votre réserve de fer et vous être assuré(e) de la bonne santé de votre retraite, vous pouvez envisager d’engager le reste de l’argent dans le troisième pot (investissements). Ceci est logique car :

  1. Vous ne devriez pas avoir besoin d’ac- céder à cet argent avant longtemps et
  2. Il est peu probable que vous obteniez des rendements importants en laissant votre argent sur un compte épargne. Comme nous l’avons vu au chapitre 1, l’impact de l’inflation sur les liquidités signifie qu’il y a peu de raisons valables pour laisser des liquidités sur un compte, sauf si vous prévoyez de les utiliser dans un avenir proche.

Offrez une chance à vos rêves

Enfin, il y a le quatrième pot. Ce pot est facultatif et, à notre avis, il ne devrait être envisagé qu’après avoir suffisamment capitalisé les trois premiers.

Nous trouvons cela stimulant d’utiliser une partie de notre patrimoine pour financer des opportunités plus risquées (et parfois exotiques) qui nous passionnent. On peut penser par exemple à ces actifs qui procurent leur dose d’émotion ou qui allient l’utile à l’agréable : les actifs numériques, et même les objets de collection comme l’art, le vin ou les livres pour citer quelques exemples.

Même si les chances sont faibles, l’un de ces investissements peut vraiment s’avérer payant et vous faire passer au niveau supérieur. Mais notre conseil est de traiter l’argent de ce pot un peu comme un billet de loterie : ne mettez pas plus en jeu que ce que vous êtes prêt(e) à perdre.

Pour récapituler, la question clé à laquelle vous devez répondre avant de commencer à investir est de savoir quel montant allouer à chacun des pots que nous venons de présenter. L’acronyme PICOTM vous aidera à vous en souvenir et nous avons préparé le tableau de synthèse suivant pour vous aider à faire votre propre analyse :

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AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Le contenu de cette publication est uniquement destiné à des fins d'information. Vous ne devez pas considérer ces informations comme des conseils juridiques, fiscaux, d'investissement, financiers ou autres. Aucun élément contenu dans cet article ne constitue une sollicitation, une recommandation, une approbation ou une offre d'achat ou de vente de titres ou d'autres instruments financiers dans cette juridiction ou dans toute autre juridiction dans laquelle une telle sollicitation ou offre serait illégale en vertu des lois de cette juridiction.

Dans quoi ?

Les opportunités d’investissement ne manquent pas, elles se comptent par millions. Ce chapitre n’est pas conçu pour vous dire dans lesquelles investir, mais pour vous donner un aperçu des différents types d’investissement qui existent.

Si vous êtes économiste, veuillez nous pardonner, notre classification est peu orthodoxe. Pour simplifier, nous pouvons regrouper tous les actifs en quatre types différents :

  • Les personnes
  • Les choses
  • Les organisations
  • Tous les moyens d’échange entre les trois catégories précédentes

L’humain avant tout

Investir dans les personnes ? Oui, c’est possible. Elles constituent une catégorie d’investissement à part entière. Vous pouvez vous utiliser comme exemple : vous êtes une machine qui produit un revenu, et qui peut être considérée comme un actif pour la société. Oui, cela peut sembler réducteur à première vue – personne ne veut être considéré(e) comme une ressource – mais il s’agit d’une réalité économique. Vous avez investi dans une formation et un savoir-faire qui vous a permis d’obtenir un emploi et de générer des revenus. Donc pensez à investir en vous-même, cela vous ouvrira des portes.

Cela vaut également la peine d’investir dans les personnes qui vous entourent. Nous le faisons indirectement par le biais des impôts et de nos fonds de pension, mais nous pouvons également le faire plus directement, comme en finançant les études de nos enfants par exemple. C’est important de se rappeler qu’à un moment donné, ce sont eux qui financeront nos pensions !

Le (pas si) strict nécessaire

C’est probablement la catégorie qui nous est la plus familière car c’est aussi la plus tangible. Nous sommes tous habitués à acheter et à consommer des choses : des biens matériels, des maisons, de la nourriture, etc. Mais si vous regardez ces dernières sous un angle différent, elles peuvent aussi être des opportunités d’investissement.

Faisons un petit tour :

  • Les produits de base: Presque tout ce qui nous entoure était autrefois une matière première : une ressource ou un matériau. Le blé dans nos pâtes, le café dans nos tasses, les métaux dans notre téléphone, le carburant dans notre voiture, l’or dans nos bijoux, etc. Ces ressources couramment utilisées sont des produits de base, et elles sont échangées dans le monde entier sur des marchés qui réunissent producteurs, commerçants, fabricants et consommateurs. Ces actifs peuvent faire partie du portefeuille d’un investisseur.

  • Propriété: L’immobilier est cher à de nombreuses personnes en Suisse et à l’étranger. Mais si nous mettons de côté l’objectif principal de l’immobilier – nous fournir un toit – l’immobilier est également un type d’investissement populaire qui peut compléter les portefeuilles des investisseurs et générer des revenus réguliers. L’immobilier est relativement gourmand en capital (vous avez besoin d’une grande somme d’argent pour acheter une propriété) mais des formes de financement participatif existent pour rendre l’accession à la propriété plus facile.

  • Les objets de collection: Le nombre de choses qui peuvent devenir des objets de collection est incroyable : le vin, les pièces de monnaie, les timbres, les œuvres d’art, les livres, les jeux vidéo, les bijoux, les figurines, et les souvenirs personnels pour n’en citer que quelques exemples ! Et de nombreux investisseurs comprennent que les collections occupent une place précieuse au sein des portefeuilles. Bien qu’ils aient un comportement financier très spécifique et qu’ils puissent être assez illiquides (les vendre à un prix équitable peut prendre du temps), ils offrent certains avantages en termes de diversification.

Une question d’organisation

Passons à la troisième catégorie : les organisations. Par organisation, nous désignons toute entité comprenant une ou plusieurs personnes qui sont regroupées autour de buts particuliers. Bien qu’il existe de nombreux types d’organisation, nous allons nous intéresser à deux organisations bien précises : les gouvernements et les entreprises.

Les deux ont besoin de capital – les pays, les cantons et les villes en ont besoin pour financer des projets sociaux ainsi que pour payer leur personnel administratif. Les entreprises en ont besoin pour financer leur croissance et leurs activités.

Pour les institutions publiques, la principale forme de financement est la dette. Par exemple, le canton de Genève a récemment émis une obligation verte pour financer le développement du CEVA – une ligne ferroviaire qui relie plusieurs stations de la ville. Comment cela fonctionne-t-il ?

En gros, les institutions publiques recherchent des investisseurs prêts à leur prêter de l’argent pour une certaine période de temps et promettent de les rembourser avec des intérêts (le même principe que pour votre hypothèque). Les entreprises le font aussi. Il existe de nombreuses formes possibles de dettes : les prêts (souvent accordés par les banques et les institutions financières), des obligations et les notes. Et en tant qu’investisseur, vous pouvez les acheter (c’est-à-dire prêter votre argent).

Dans la pratique, les obligations constituent la forme de dette la plus populaire auprès des investisseurs (obligations d’État et d’entreprises). L’un des principaux avantages pour les personnes qui investissent dans des obligations est qu’elles offrent une certaine forme de visibilité : vous connaissez l’intérêt que vous êtes susceptible de toucher de la part de l’emprunteur pendant la durée du prêt. En outre, elles peuvent être moins risquées que d’autres types d’investissements (par exemple, si vous prêtez votre argent au gouvernement suisse, il y a de fortes chances pour que vous le récupériez). Cependant, la plus grande visibilité sur les flux de trésoreries et la moindre prise de risque se traduisent souvent par des rendements potentiels plus faibles par rapport à d’autres types d’investissements.

Pour les entreprises, il existe un autre moyen principal de collecter des fonds en plus de la dette : en émettant des actions. Les petites entreprises ont du mal à obtenir des prêts auprès des banques ou à émettre des obligations, car elles sont considérées comme un risque plus élevé pour les institutions. Ainsi, l’émission d’actions est souvent le moyen pour les startups et les petites entreprises de financer leurs activités. Que sont les actions ? Essentiellement, un investisseur met une partie de son capital dans l’entreprise et, en retour, peut prétendre à une partie des revenus et des actifs. Par exemple, si l’investisseur possède une action dans une société qui a émis 10 actions, il peut prétendre à un dixième des revenus et un dixième des actifs de la société. En substance, posséder une action signifie détenir une partie de l’entreprise. L’avantage est que si la société se développe, l’investisseur a de grandes chances d’en profiter. Mais l’inverse est également vrai : l’investisseur partage les risques avec l’entrepreneur et peut perdre de l’argent si l’entreprise a de mauvais résultats ou fait faillite.

Pour résumer, vous pouvez investir dans des organisations de deux manières : en achetant des obligations (dette) ou des actions.

Le chaînon manquant

Relier les personnes, les choses etles organisations nécessite des moyens d’échange. La monnaie au sens large joue ce rôle et constitue notre dernière catégorie d’investissement. Cela comprend la monnaie physique, la monnaie marchandise, la monnaie scripturale, et les crypto-monnaies.

Vous êtes probablement déjà familia- risé(e) avec les devises. Par exemple, en voyageant à l’étranger, vous avez peut-être déjà échangé vos francs suisses contre une autre monnaie.

Mais les voyages ne sont pas la seule raison pour laquelle les investisseurs achètent des devises. En fait, vous pouvez aussi considérer les devises comme des investissements. Leur valeur est souvent liée à des aspects de l’économie des pays, et vous pouvez parier sur leur appréciation ou leur dépréciation. Par exemple, la Suisse a une économie forte avec peu de dettes, ce qui donne de la valeur au franc suisse qui a eu tendance à augmenter en moyenne par rapport aux autres devises au cours des dernières années.

Et si vous ne croyez en aucun pays ou si vous recherchez d’autres monnaies que les monnaies FIAT (celles émises par les gouvernements), vous pouvez considérer les nouveaux arrivants sur la scène mondiale : les crypto-monnaies.

Nous allons terminer ce chapitre par quelques remarques.

Comme nous l’avons vu, le monde de l’investissement est très vaste. Bien que vous puissiez regrouper les investissements en quatre grandes catégories (et ce n’est pas une liste exhaustive), il existe une myriade de sous-catégories différentes à l’intérieur de chacune d’entre elles. Au fil du temps, vous apprendrez à vous concentrer sur celles qui sont les plus adaptées à votre situation. Mais si nous pouvons vous donner un conseil : investissez toujours dans ce que vous comprenez.

AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Le contenu de cette publication est uniquement destiné à des fins d'information. Vous ne devez pas considérer ces informations comme des conseils juridiques, fiscaux, d'investissement, financiers ou autres. Aucun élément contenu dans cet article ne constitue une sollicitation, une recommandation, une approbation ou une offre d'achat ou de vente de titres ou d'autres instruments financiers dans cette juridiction ou dans toute autre juridiction dans laquelle une telle sollicitation ou offre serait illégale en vertu des lois de cette juridiction.

Avec qui ?

Il est temps de répondre à une grande question : Comment puis-je commencer à investir ?

Simple comme bonjour... Vraiment ?

Pour commencer à investir, il suffit d’ouvrir un compte auprès d’une banque, un courtier ou une fintech, y mettre de l’argent et acheter ce que vous voulez. Facile, non ? En fait, vous êtes probablement dans l’un des meilleurs pays de la monde pour cela ! En effet, avec 2464banques, 2’552 succursales, et un nombre incalculable d’applications dédiées aux investissements arrivant sur les marchés, la Suisse est un pays dont le secteur bancaire est l’un des plus développés au monde.

Mais est-ce la réponse que vous vouliez entendre ?

Investir, c’est faire des choix éclairés. Chaque opportunité comporte des risques. La simplicité aide, mais cela ne peut-être le seul critère pour choisir ses investissements.

Mais d’abord, il y a une question importante que vous devez vous poser : Avez-vous ce qu’il faut pour investir ? Nous ne parlons pas ici de courage, mais plutôt des considérations pratiques suivantes : temps, volonté et expérience.

Pour comprendre pourquoi elles sont importantes, examinons brièvement l’étendue des opportunités qui se présentent à vous.

Bien qu’il soit difficile d’établir un chiffre précis, selon un sondage récent (Moneyland 2021) les maisons de courtage peuvent vous donner facilement accès à entre 40’000 et 3’000’000 titres5 (actifs que vous pouvez négocier sur les marchés financiers).

Les bons investissements pour vous se situent quelque part parmi ces millions d’opportunités, et c’est à vous de les trouver. Plus facile à dire qu’à faire !

En effet, piocher dans cet univers peut s’avérer fastidieux – surtout si vous ne savez pas exactement ce qu’il faut rechercher. Mais ne vous découragez pas. Nous souhaitions simplement illustrer le fait que l’investissement requiert une certaine dose d’expertise, de temps et d’énergie. Et si vous n’avez pas cela, vous aurez probablement besoin de soutien.

À votre sauce

En fonction de votre état de préparation, et du soutien que vous pourriez avoir besoin, trois options s’offrent principalement à vous.

  • Investir par vous-même. Tout ce que vous avez à faire est d’ouvrir un compte de trading. Si vous possédez l’âme d’un aventurier, cet endroit est fait pour vous. Moyennant des frais, vous pouvez acheter et vendre tout ce qui est disponible sur les plateformes de trading. C’est l’option qui vous offre la plus grande liberté – avec la seule réserve que vous êtes seul maître à bord. C’est votre responsabilité de choisir les bons investissements.
  • Le conseil. Vous investissez avec les conseils d’un humain ou d’un système conçu à cet effet. De nombreuses banques, courtiers et applications en ligne fournissent ce type de service et c’est un excellent moyen de se faire ses premières armes tout en étant guidé(e).
  • Le discrétionnaire. Cette solution est pour vous si vous reconnaissez l’importance de l’investissement mais que vous n’êtes pas prêt(e) à y consacrer du temps et de l’énergie. La gestion de vos investissements peut être totalement déléguée à un professionnel de la finance. Si vous êtes à l’aise avec l’idée de donner le contrôle sur une partie de votre patrimoine à un tiers... Avant de sauter à une conclusion et de sélectionner hâtivement l’une de ces trois solutions, nous aimerions vous donner un conseil précieux : en tant qu’investisseur, vos besoins et ce qui vous intéresse évolueront au fil du temps, tout comme les marchés financiers. Par conséquent, Il y a de fortes chances que passiez d’une solution à une autre, ou que vous les combiniez.

Quelle que soit la voie que vous choisissiez, il est important que vous fassiez deux choses :

  1. Que vous restiez informé(e) – comprendre le fonctionnement de vos placements et leur performance est capital.
  2. Que vous vous mettiez-vous “au diapason” avec vos investissements de temps en temps. Nous vous expliquerons pourquoi il est important qu’ils reflètent vos valeurs dans un instant.

Bien informé(e). Rien de plus et rien de moins

Presque tous les enfants font l’expérience du processus fascinant qui consiste à planter une graine et à la regarder se transformer en une plante.

Au départ, il y a la curiosité. Ensuite, il y a l’impatience. Et enfin, il y a l’excitation. Alors que certains d’entre nous continuent à s’émerveiller de ce phénomène en tant qu’adultes et cultivent leurs propres potagers, peu d’entre nous sont capables de vivre uniquement de leur potager. Nous dépendons des agriculteurs et allons dans les supermarchés pour acheter leurs légumes, leurs fruits et leur viande. Parfois, cette confiance aveugle nous laisse un arrière-goût amer – comme lorsque notre supermarché est en rupture de fraises le jour où nous avions prévu de faire notre panna cotta, ou autre recette préférée, ou lorsque les scandales éclatent dans l’industrie alimentaire nous faisant nous sentir vulnérables et dépendants.

Cela étant dit, nous envisageons rarement l’alternative – renoncer aux supermarchés et à embrasser l’autosuffisance alimentaire. Et ce, pour une bonne raison : cultiver sa propre nourriture est un travail à plein temps.

Il en va de même pour les investissements.

Pour gérer vous-même vos investissements, vous devez avoir des connaissances et des nerfs solides. Oui, si vous choisissez cette option, vous contrôlerez à 100 % les éléments suivants : vos décisions et votre destin financier. Mais cette liberté s’accompagne de responsabilités et de tracas. Voici quelques points à garder en tête :

  • Le faire soi-même n’est pas nécessairement moins cher. D’abord, parce que les professionnels ont plus de pouvoir de négociation lorsqu’il s’agit des frais de courtage. Deuxièmement, si vous mettez bout à bout tous les petits frais (négociation des frais, les droits de garde, les montants minimums et les seuils, les frais de placement, etc.), vous ne serez peut-être pas mieux loti(e).
  • Le fait de le faire soi-même n’est pas une garantie de succès. Des études récentes6 ont montré que la plupart des investisseurs individuels perdent leur argent, et nous pensons que cela est dû au fait que les traders inexpérimentés s’engagent dans un grand nombre de transactions, et que leurs décisions sont basées sur ce qui retient leur attention plutôt que sur des critères d’investissement objectifs.
  • Investir seul signifie que vous devez avoir une bonne maîtrise de vos émotions. Les biais comportementaux peuvent coûter très cher. Les investisseurs individuels ont tendance à avoir des portefeuilles plus concentrés et sont souvent en prise avec des décisions telles que “quel montant choisir ?” ou “quand acheter et vendre”.
  • Le faire par vous-même signifie que vous devez être capable de séparer les informations importantes du bruit. Il est facile d’accéder aux données financières, mais quelle est la qualité de celle-ci ? N’oubliez pas que les courtiers ne vous facilitent pas forcément la tâche en vous incitant à acheter et à vendre. C’est comme cela qu’ils gagnent leur vie.
  • Le faire par vous-même signifie que vous devez être équipé(e). Est-ce que vous avez suffisamment de temps à consacrer à votre investissement ? Avez-vouslesbonsoutilspour surveiller votre portefeuille, suivre sa performance, évaluer le risque et comprendre la corrélation entre les différents investissements ?

En bref, l’autogestion présente des avantages évidents si vous aimez avoir plus de contrôle et l’assurance que votre portefeuille est à l’image de vos convictions. Mais si vous perdez de l’argent, vous serez le/la seul(e) à blâmer.

Lorsque vous déléguez la gestion de votre patrimoine, c’est une autre histoire. Vous confiez les clés à un professionnel, ce qui vous permet de vous concentrer sur d’autres aspects importants de votre vie et d’avoir un coupable désigné dans l’éventualité d’une sous-performance de votre portefeuille. Bien entendu, la délégation a aussi ses inconvénients :

  • Déléguer signifie accepter que vous ne contrôliez pas chaque décision d’investissement. En général, le fait de travailler avec un professionnel signifie élaborer un plan ensemble (vos objectifs d’investissement, votre niveau de risque, vos préférences et contraintes, etc.) mais vous lui confiez les décisions et le choix des investissements. Vous ne serez pas toujours en mesure de questionner ses choix.
  • Déléguerestunactedeconfiance. Vous vous en remettez à un conseiller pour vos décisions et espérez que chacune aille dans votre propre intérêt et non dans le sien.
  • Déléguer signifie accepter une certaine forme de normalisation. Les gestionnaires gèrent généralement l’argent de dizaines ou de milliers de personnes. En “consolidant” l’argent des clients, ils peuvent réaliser des économies d’échelle substantielles (meilleurs tarifs, meilleur contrôle, etc.), ce qui se fait au détriment de la personnalisation.

Chaque solution a donc ses avantages et ses inconvénients. La bonne nouvelle est que vous êtes la personne la mieux placée pour savoir laquelle conviendra le mieux à votre cas particulier.

4Source Banque Nationale Suisse, EBF, as of 2020

5Source : sur la base des chiffres donnés par un panel de sociétés de courtage suisses, en date de décembre 2021.

6Attention Induced Trading and Returns: Evidence from Robinhood Users by Brad M. Barber, Xing Huang, Terrance Odean, Christopher Schwarz :: SSRN

AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Le contenu de cette publication est uniquement destiné à des fins d'information. Vous ne devez pas considérer ces informations comme des conseils juridiques, fiscaux, d'investissement, financiers ou autres. Aucun élément contenu dans cet article ne constitue une sollicitation, une recommandation, une approbation ou une offre d'achat ou de vente de titres ou d'autres instruments financiers dans cette juridiction ou dans toute autre juridiction dans laquelle une telle sollicitation ou offre serait illégale en vertu des lois de cette juridiction.

Quand et pour combien de temps ?

Que vous décidiez d’investir seul(e) ou avec l’aide d’un professionnel, il y a deux questions que vous devez considérer : “Quand faut-il investir” et “pour combien de temps”.

Soyons clairs : ces questions sont parmi les plus difficiles à résoudre en finance.

La première est liée à ce que nous appelons le “market timing” et la seconde est liée à ce que nous appelons votre horizon temporel. Nous allons vous expliquer pourquoi.

Papa, Maman quand est-ce qu’on arrive ?

Sur le papier, répondre à la question “quand dois-je investir ?” est assez simple. Premièrement, vous devriez investir quand vous vous en sentez prêt(e), et deuxièmement, lorsque les conditions du marché sont favorables. Par « conditions favorables » nous entendons un environnement économique porteur au sein duquel les opportunités d’investissement sont susceptibles de générer des rendements financiers intéressants.

Si vous avez suivi les conseils prodigués au chapitre 2, vous devriez avoir une meilleure idée du montant que pouvez investir sans mettre en péril votre situation financière. Vous avez fait vos calculs et vous devriez vous sentir plus préparé(e). Mais préparé(e) ne veut pas dire prêt(e). Nous serions surpris si certaines émotions ou doutes ne vous submergent au moment où vous vous apprêtez à appuyer sur le bouton “investir”.

Il est normal d’éprouver des pensées telles que “est-ce vraiment le bon moment pour investir ?”, “beaucoup de mauvaises choses se passent dans le monde en ce moment et j’ai entendu dire que cela pourrait empirer...”.

Nos émotions sont de puissants alliés qui nous aident à faire la part des choses et à prendre des décisions d’investissement éthiques. Mais elles peuvent aussi nous mettre des bâtons dans les roues. Prenez la peur : elle trouve son origine d’une petite partie de notre cerveau appelée l’amygdale (ou complexe amygadalien). C’est un mécanisme puissant qui peut nous aider à agir lors de situations dangereuses. Mais elle affecte aussi grandement notre capacité à penser et nous incite parfois à prendre les mauvaises décisions financières, comme vendre trop vite par exemple. Supprimer les émotions est chose impossible – elles sont inscrites dans notre nature humaine – mais nous pouvons apprendre à les gérer. Voici quelques techniques qui valent la peine d’être essayées :

  • Réviser régulièrement votre stratégie d’investissement pour vous assurer de vous y tenir.
  • Intégrez des mesures de protection dans votre processus d’investissement (par exemple, vous pouvez investir progressivement ).
  • Accepter que l’investissement comporte nécessairement des risques.

En fin de compte, la mise en place d’un processus d’investissement robuste est autant une question de connaissances qu’une question de maîtrise de soi. Et la bonne nouvelle est qu’avec un peu de concentration et de patience, nous pouvons cultiver les deux.

Passons à l’autre question : “Est-ce le bon moment pour entrer dans le marché ?”

Voici la vérité : répondre à cette question est impossible sans don de voyance.

En finance, il y a deux inévitabilités :

  • Ce n’est qu’après coup que l’on sait si c’était le bon moment pour acheter ou pour vendre un actif.
  • Sur le moment, on vous présente des opportunités d’investissement qui semblent plus ou moins risquées. Et souvent, leur prix reflète le risque supposé. Mais il s’agit d’un risque perçu. Lorsque vous vous retrouvez au milieu d’une crise financière, tout semble risqué et les prix ont tendance à baisser. Mais si la crise se résout et que vous avez acheté des actifs à un prix avantageux, alors il y a de grandes chances que vous gagniez de l’argent. Au contraire, lorsque les perspectives semblent roses et que tous les actifs sont à la hausse, c’est probablement à ce moment-là que les risques sont sous-estimés. Ainsi, les risques apparents et les risques réels sont deux choses différentes, et nous en revenons à la précédente inévitabilité – vous ne l’apprendrez qu’après coup.

Si vous croyez en votre capacité à prédire les marchés ou si vous pensez que certaines personnes peuvent dire quand c’est le bon moment pour acheter ou vendre un actif, prenons en considération le cas suivant :

Mark Hulbert, un professionnel de la finance, a passé les quatre dernières décennies à suivre les performances de certains investissements7. La plupart des entreprises paient des experts, des analystes et des gourous de la finance et pour produire des analyses dans lesquelles ils diffusent leurs conseils d’investis- sement. En bref : quoi acheter et quand.

Donc, si quelqu’un peut prouver qu’il est possible de prédire les marchés, c’est sûrement...quelqu’un qui rédige ces fameuses analyses. Après tout, qui est mieux placé pour le faire que des professionnels en investissement ? Et si c’est possible, cela doit se traduire par d’excellentes performances (si vous achetez quelque chose lorsque son prix est bas et vous vendez lorsqu’il est élevé, vous devez gagner de l’argent).

De nombreux experts se vantent de leur capacité à lire les marchés financiers mais l’étude de Mark Hulbert dresse un tableau très différent. Si quelques experts sont capables de surperformer les marchés parfois, ils ne le font pas de façon constante... et la grande majorité ne le fait pas du tout. En fait, lorsque vous regardez les investisseurs les plus performants comme Warren Buffet, Ray Dalio ou Jim Rogers qui ont été capables de générer des rendements exceptionnels sur de longues périodes, ils attribuent leur succès à d’autres compétences que le bon timing. Ils parient plutôt sur leur capacité à trouver de bonnes opportunités d’investissement et à les détenir suffisamment longtemps.

Pour résumer : ceux qui prétendent pouvoir prédire les marchés y arrivent rarement et ceux qui obtiennent des rendements exceptionnels affirment que vouloir prédire les marchés est un jeu insensé. Donc, à moins que vous ne possédiez des dons de voyance, vous devez reconnaître qu’il est dur d’acheter et de vendre au bon moment.

Plus important encore, le temps excessif que nous passons à essayer de répondre à cette question nous détourne d’une autre vérité : c’est le temps que vous passez à être investi(e) qui compte le plus ! Nous retardons souvent nos décisions d’investissement, mais l’histoire nous révèle que les marchés ont eu tendance à récompenser les investisseurs patients qui ont commencé tôt et qui n’ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier. A trop attendre vous risquez de manquer les meilleures périodes.

Donc, pour conclure, “quand investir ?” est ostensiblement une question clé, mais paradoxalement, il s’agit d’un sujet sur lequel vous ne devriez pas passer trop de temps. Et cela pour quatre raisons :

  • Il est pratiquement impossible de prédire le marché.
  • Les émotions se mettront toujours en travers de votre chemin, même si les faits vous convainquent que c’est le bon moment.
  • Votre temps pourrait être consacré à d’autres questions peut-être plus importantes.
  • Faire des erreurs fait partie du processus d’apprentissage pour devenir un meilleur investisseur. Acceptez-le et lancez-vous.

Combien de temps dure le long terme ?

Supposons que vous ayez trouvé les ressources nécessaires (à la fois financières et psychologiques) pour investir. Il y a une dernière question qu’il faut aborder : “pour combien de temps ?”

En finance, l’horizon de temps compte. On désigne par ce terme la durée pendant laquelle vous êtes prêt(e) à conserver votre investissement. Cette durée vous est propre et elle est fonction de vos objectifs et contraintes personnelles.

Qu’il s’agisse de financer l’éducation de votre enfant, votre retraite ou une maison, ce sont ces grands projets de vie qui dictent l’horizon de temps dont vous disposez. En gardant cela à l’esprit, une bonne règle à retenir est que plus votre horizon de temps est long, mieux c’est. Et il y a une logique à cela.

Très peu d’entreprises connaissent une croissance exponentielle en un court laps de temps (et ceux qui le font peuvent péricliter tout aussi rapidement). En même temps, de nombreuses entreprises connaissent une croissance exponentielle sur une longue période. Cela signifie que nous, investisseurs, pouvons augmenter nos chances de rendement en faisant deux choses :

  1. Diversifier nos risques en répartissant notre patrimoine sur plusieurs opportunités et
  2. Rester investi(e) le plus longtemps possible.

Quand il s’agit de fixer une date de sortie, quelques facteurs supplémentaires sont toutefois à garder en tête car ils peuvent avoir une influence.

Événements du marché

Lorsque la date prévue de votre départ est proche, tout risque de récession mérite d’être pris en considération. Les ralentissements du marché sont inévitables, mais ce n’est pas grave quand il vous reste des dizaines d’années devant vous. C’est parce que vos actifs sont susceptibles de se rétablir d’une perte de valeur au fil du temps. Cependant, lorsque vous approchez de votre date de sortie prévue, vous avez peu de marge de manœuvre. Dans un tel cas, il peut être judicieux d’ajuster votre date de sortie prévue en conséquence, ou de considérer des actifs moins risqués.

Changement des conditions de vie

Le changement est la seule constante dans la vie. Il y a une chance qu’au bout du compte, vous ayez la conviction que lancer votre propre compagnie est la meilleure chose pour vous. Ou bien, vous pourriez découvrir que vous avez un troisième enfant en route. Le fait est que vos objectifs financiers peuvent changer au fil du temps et cela vous incitera à modifier vos modalités d’investissement.

7Stock Market Timing Study – From Mark Hulbert and Hulbert Financial Digest (hulbertratings.com)

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Comment ?

Si vous avez pris le temps de réfléchir aux questions que nous avons soulevées, vous devriez maintenant :

  • Connaître les raisons pour lesquelles vous souhaitez investir.
  • Avoir établi le montant que vous pouvez investir.
  • Avoir une légère idée des différents types d’investissement que le monde peut offrir.
  • Pouvoir décider si vous êtes prêt(e) à investir seul(e) ou si vous avez besoin d’une forme de soutien.
  • Être capable de déterminer votre horizon temporel.

Que reste-t-il ?

Quelques éléments majeurs !

À partir de là, il est important que vous établissiez une feuille de route et que vous continuiez à en apprendre plus sur le monde des investissements.

Pour rendre cela aussi facile que possible, nous avons créé une série d’e-mails qui vous guidera dans le processus de création de votre stratégie d’investissement. Elle s’appelle La Masterclass et vous pouvez vous inscrire gratuitement sur https://www.i-vest.ch/fr/la-masterclasshttps://www.i-vest.ch/fr/la-masterclass

Nous vous encourageons également à parcourir les articles et les vidéos de notre site i-vest Les podcasts que nous mettons à disposition sur i-vest sont tous conçus pour vous imprégner de l’état d’esprit d’un investisseur à long terme (et cela devrait être divertissant !).

Bienvenue dans le monde de l’investissement.

A propos des auteurs:

Amandine Soudeille, Invesment Analyst chez Alpian

Amandine a débuté sa carrière au sein de la direction financière de Porsche France en 2015, avant de travailler au sein du desk de vente FX de la Société Générale CIB à Genève, puis en tant que Sales/Trader Fixed Income pour Valcourt, courtier en valeurs mobilières à Genève. Elle est titulaire d’un Master en Gestion (PGE) de l’Ecole de Commerce de Toulouse, ainsi que d’un MSc en Finance de l’EBS Universität en Allemagne. Amandine est passionnée par les Porsche et aime jouer au golf, danser la Salsa ou le Tango argentin.


Mattia Scolaro, Wealth Advisor chez Alpian

Mattia est conseiller financier avec plus de dix ans d’expérience dans le secteur. Il a passé dix ans au Crédit Suisse, passant d’apprenti à vice-président adjoint au bureau de Genève. Il a obtenu en 2019 le diplôme de la Kalaidos Banking + Finance School. Mattia est passionné de football, aime écouter de la musique et voyager pour découvrir de nouveaux pays et de nouvelles cultures.


Victor Cianni, CIO chez Alpian

Victor a plus de 13 ans d’expérience dans la gestion d’actifs. Au cours de sa carrière, il a aidé de nombreux particuliers, familles et institutions dans leur parcours financier, à la fois en leur fournissant des conseils personnalisés sur leurs investissements et en gérant des actifs en leur nom. Il a occupé plusieurs postes clés dans les divisions d’investissement de CA Indosuez, Lombard Odier et Citi Private Bank. Il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en bioinformatique et modélisation de l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, et est certifié FRM. Dans son temps libre, Victor aime la lecture scientifique et la collection de livres rares.

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